La transmission de l’herpès

La transmission du virus herpès, virus fragile, nécessite des contacts étroits entre les individus ; elle est liée à la quantité de virus excrétée. Elle se fait par contact direct avec des lésions d’herpès ou des sécrétions contaminées, comme la salive, les larmes ou les sécrétions génitales. La transmission reste un sujet complexe pour les spécialistes car tout le monde ne développe pas les symptômes liés au virus de l’herpès. On peut être porteur sain et pourtant transmettre le virus. On estime d’ailleurs que 70 % à 90 % de la population française a été en contact avec le virus or 10% seulement présente des crises herpétiques.

Sommaire

Modes de transmission

La transmission au bébé et à l’enfant

Le premier contact avec le virus du type 1, responsable le plus souvent des herpès du visage, se fait fréquemment dans la petite enfance, généralement entre l’âge de 6 mois et 4 ans. Il suffit pour transmettre le virus de l’herpès d’un baiser de la mère, ou d’une personne de l’entourage, porteuse d’un herpès labial ou excrétant le virus, ou par contact avec les doigts d’une personne ayant une lésion herpétique. Jusqu’à l’âge de 6 mois, l’enfant est relativement protégé par les anticorps de sa mère permettant de lutter contre le virus de type 1.

La transmission par auto-contamination

Hormis la contamination par contact direct avec une personne infectée, la transmission peut également se faire à soi-même sur une autre partie du corps par auto-contamination (ou auto-inoculation), le plus souvent par l’intermédiaire des doigts.

La transmission par rapport sexuel

Le virus de l’herpès génital se transmet lors d’un rapport sexuel avec une personne infectée, avec ou sans pénétration, présentant le plus souvent des lésions herpétiques sur le sexe, les fesses ou les cuisses, ou simplement porteuse du virus sans symptôme. Le virus de type 2 est responsable des infections génitales. Cependant, en cas d’herpès labial, un rapport sexuel oro- génital peut être à l’origine d’une transmission du virus présent sur les lèvres aux parties génitales du partenaire. C’est le cas d’environ 30 % des herpès génitaux. L’inverse est également possible, bien que moins fréquent.

L’acquisition du virus de type 2 se fait dès le début de la vie sexuelle. Celle-ci a lieu actuellement à un âge de plus en plus jeune, en général inférieur à 20 ans.

La transmission indirecte

Une transmission indirecte du virus est très rare ; le virus herpès étant particulièrement fragile, il ne persiste que peu de temps dans le milieu extérieur. Elle est néanmoins possible et, par prudence, il est préférable d’utiliser du linge et des objets de toilette personnels.

La transmission pendant la grossesse et l’accouchement

Un mode de contamination du virus herpès particulièrement redouté est celui  de la mère à son enfant. La contamination peut avoir lieu à différentes  périodes, pendant la grossesse et au moment de l’accouchement.

Pendant la grossesse, en cas de primo-infection herpétique de la femme enceinte si la transmission intervient en début de grossesse, elle peut être responsable de mort fœtale ou d’avortement spontané. Cette situation reste très rare, elle ne représente que 5 % des cas d’infections néonatales.

Dans les semaines suivantes, la transmission de l’herpès favorise la prématurité et le retard de croissance intra-utérine.

Bien que très rare, ce sont les primo-infections herpétiques acquises en fin de grossesse qui représentent le risque le plus élevé de transmission à l’enfant à naître. Cette situation, facilement diagnostiquée, sous réserve que la primo infection soit symptomatique, permet d’entourer l’accouchement de toutes les précautions nécessaires et d’instituer un traitement du nouveau-né dès la naissance en cas de besoin.

C’est au moment de l’accouchement que le risque est le plus grand de transmettre le virus au nouveau né ( 95 % des cas ). Le risque est évident s’il existe des vésicules sur le col ou le vagin de la mère : poussées d’herpès, qu’il s’agisse d’une primo infection herpétique ou d’une récurrence.

Dans ce dernier cas, le bébé est relativement préservé par les anticorps maternels.

Le risque est moins évident s’il n’existe pas de vésicules visibles alors que le virus est néanmoins présent dans les sécrétions génitales de la mère : période juste avant ou juste après une poussée , poussée asymptomatique.

Cette dernière situation est malheureusement celle qui engendre le plus de cas d’herpès néo-nataux , car non prévisible et difficile à « prévenir ».

Quelques données chiffrées :

  • 60 % des individus porteurs du virus HSV2 n’ont pas identifié leurs symptômes comme étant ceux de l’herpès génital
  • 20 % n’ont réellement jamais présenté de manifestations cliniques

Contagiosité et transmission de l’herpès

Contagiosité de l’herpès

Comme de nombreuses maladies virales, l’herpès est très contagieux. La contagion est possible dès l’apparition des signes précurseurs de l’herpès. Ces signes varient d’une personne à l’autre, mais sont en général bien connus de  ceux qui présentent des épisodes récidivants d’herpès. La contagiosité débute avant l’apparition des vésicules et dure de deux à quatre jours lors des récurrences. Le risque de transmission est maximal au moment des poussées, dans les premières heures de formation des vésicules riches en virus,  et décroît ensuite. Mais il existe également, dans de moindres proportions, en dehors de ces périodes, alors qu’aucun symptôme n’est apparent, à l’occasion d’un épisode asymptomatique. La durée de la contagiosité est alors en moyenne d’un jour et demi.

Durée de la contagiosité et primo-infection

Au décours d’une primo-infection, la durée de la contagiosité virale est plus longue, en moyenne de huit jours, et peut atteindre jusqu’à vingt jours. Chez les sujets immunodéprimés, la période de contagiosité est également souvent plus longue.

Quelques données chiffrées :

Une enquête, réalisée à la demande de l’Association Herpès en 1998, par l’Institut Louis-Harris-Médical auprès des personnes infectées, a mis en évidence leur méconnaissance sur ce sujet. La contagiosité est rarement connue des personnes atteintes, en particulier d’herpès labial. En ce qui concerne l’herpès génital, 37 % des personnes interrogées continuent à avoir des rapports sexuels pendant les crises et  49 % n’utilisent jamais de préservatifs.

Réduction de la transmission par une personne prise en charge adaptée

La lutte contre la souffrance physique et psychologique induite par  la poussée d’herpès génital passe par le dialogue avec le partenaire, par l’échange avec l’entourage et les professionnels de santé.

La prévention de la transmission passe par l’utilisation des préservatifs lors des rapports sexuels. Ceci n’est valable que si les lésions sont couvertes par le préservatif, ce n’est pas le cas si les vésicules se localisent sur les cuisses ou les fesses par exemple. Dans ce cas, l’abstention de toute relation sexuelle est nécessaire pendant les récurrences.

Il est indispensable de consulter un professionnel de santé dès l’apparition des premiers symptômes. Seul le médecin peut établir le diagnostic d’infection herpétique avec certitude, en s’appuyant éventuellement sur des examens complémentaires.

Le traitement antiviral apporte un indéniable bénéfice clinique chez la quasi totalité des patients présentant un herpès génital et représente la pierre angulaire de la prise en charge. Le traitement préventif oral réduit la  fréquence des crises d’herpès génital de 70% à 80% chez les personnes qui présentent des récurrences fréquentes (plus de 6 par an), certains n’ayant plus du tout de récurrences symptomatiques.

Si les médicaments anti-herpétiques bloquent la réplication virale et  permettent de traiter les crises et de les espacer, ils ne les éradiquent pas.

Dans tous les cas, un traitement préventif continu apporte une, une  amélioration très notable sur le plan psychologique ainsi qu’une amélioration de la qualité de vie. Il diminue significativement les préoccupations et l’anxiété engendrées par l’herpès. La résistance des virus de l’herpès aux traitements antiviraux est limitée à un nombre très restreint de cas : 0,5 % des patients immunocompétents et 4% des patients immunodéprimés.


Quelques conseils pratiques

  • Il est indispensable de se protéger lors de rapports sexuels avec un(e) partenaire occasionnel(le) et il est conseillé d’éviter tout rapport et/ou baiser en période de crise d’herpès génital/labial.
  • Se protéger du soleil si l’on est sujet à l’herpès labial (baume protecteur contenant un filtre anti-UV) et porter des lunettes de soleil si l’on est sujet à l’herpès
  • Ne pas partager son linge de toilette si l’on est en période de crise d’herpès.
  • Si l’on se sait atteint d’herpès, ne pas oublier d’emporter son traitement lors de tout déplacement, afin de pouvoir enrayer la crise dès son
  • S’abstenir de toutes relations sexuelles lors des poussées. En effet, s’il existe des lésions situées à proximité des organes sexuels, et donc non protégés par le préservatif, la contamination peut avoir
  • Ne pas gratter les lésions, cela ralentit la cicatrisation et peut contaminer par contact des mains une autre région du
  • Ne pas humecter ses lentilles avec sa salive, pour éviter un risque de contamination de l’œil.
  • Garder les parties atteintes parfaitement propres, laver les lésions à l’eau et au savon. Se laver également les mains lorsqu’elles ont été en contact avec les lésions.
  • Sécher les parties atteintes avec un sèche-cheveux, à faible chaleur, cela aide à la
  • Utiliser un préservatif, même en dehors des crises, car il peut y avoir des risques de contamination, sans symptôme.

Exemples de questions posées:

J’ai 63 ans, j’ai de l’herpès au niveau d’une narine, si j’embrasse mes petits-enfants, y a-t-il un risque de transmission ?

En effet, il est déconseillé d’embrasser vos petits-enfants lors d’une poussée d’herpès car un simple contact suffit à transmettre le virus. Il est important  de laver la plaie à l’eau et au savon et de se traiter par voie cutanée ou orale (selon la prescription du médecin). Ne pas oublier de se laver les mains lorsqu’elles ont été en contact avec les lésions, afin d’éviter une contamination à d’autres parties du corps. Hors poussée, les risques sont minimes.

Si je me frotte l’œil, je peux attraper de l’Herpès Oculaire ?

Si vous êtes porteur du virus sur une autre partie du corps et en période de poussée, il est déconseillé de se frotter les yeux, vous pourriez vous auto- contaminer. Aussi, il est important de se laver les mains régulièrement afin d’éviter une contamination à d’autres parties du corps.

J’ai des boutons bizarres, comment reconnaître qu’il s’agit d’Herpès ? Est- ce qu’on peut confondre l’acné avec l’Herpès ?

Dès l’apparition de rougeurs ou de petites cloques, il est indispensable de consulter un médecin qui saura vous conseiller, vous informer et vous soigner.

L’herpès peut être transmis par simple rapport intime non protégé ?

« Je viens d’apprendre que je suis susceptible d’avoir un herpès génital. Comment ai-je pu l’attraper puisque je ne connais que deux personnes ayant de l’herpès mais labial ? Il s’agit de ma mère et de mon partenaire avec qui on a décidé récemment de ne plus utiliser de préservatifs. »

L’herpès est un virus qui se transmet par contact direct. Vous êtes peut-être déjà porteuse du HSV 1, responsable le plus souvent des herpès du visage, virus que vous auriez attrapé pendant l’enfance par un baiser de votre mère en période de poussée. Ainsi, vous pouvez vous être auto-contaminée par l’intermédiaire de vos doigts. Mais votre partenaire a pu également vous contaminer lors de rapports mettant en contact le sexe avec la bouche. Ainsi, il y a un risque pour vous de développer un herpès génital.

La mycose peut-elle être confondue avec l’herpès au niveau des cloques et autres aphtes ?

En cas de doute, il est important d’aller consulter un médecin qui vous rassurera sur l’origine de vos cloques.

Comment expliquer une erreur de diagnostic

« Suite à une sodomie, j’ai été traité pendant un mois pour des hémorroïdes. Comme cela ne passait pas on a trouvé qu’il s’agissait d’herpès anal »

Il est vrai que l’herpès n’est pas toujours un diagnostic évoqué  par  les  médecins ; c’est la raison pour laquelle, l’Association Herpès travaille main dans la main avec les professionnels de santé afin que ce genre d’incident devienne moins fréquent.

Le bouton de fièvre peut-il transmettre un herpès génital au partenaire ?

Oui, au cours d’un rapport sexuel mettant en contact le sexe avec la bouche. Le contraire est également possible mais moins fréquent : une personne atteinte d’herpès génital peut transmettre le virus aux lèvres de son partenaire lors de rapports oro-génitaux.

Peut-on être contagieux en dehors des crises ?

Oui, la contagiosité existe environ 3 jours avant l’apparition des petites cloques et 3 jours après la poussée d’herpès.

Existe-t-il des risques à prendre un traitement anti-viral sur plusieurs années ?

Non, chez les personnes souffrant de nombreuses poussées d’herpès dans l’année, il a été démontré qu’un traitement anti-viral prolongé réduisait la fréquence des rechutes et qu’il était bien toléré.

L’herpès génital est-il lié à une mauvaise hygiène ?

Non, les modes de transmission de l’herpès génital sont soit sexuel (avec ou sans pénétration), soit pendant l’accouchement ou par le baiser. Cependant, lorsqu’on se sait porteur d’herpès génital, l’hygiène doit être renforcée pour éviter toute transmission, soit à une autre personne, soit à une autre partie du corps.

L’herpès rend-il stérile ?

Non, on peut tout à fait avoir un enfant. Certaines précautions sont toutefois à prendre au moment de l’accouchement.

Peut-on allaiter son bébé ?

Oui, le virus ne se trouve pas dans le lait maternel.

Peut-on attraper l’herpès dans un lieu public, par exemple sur une cuvette de WC ?

En principe non, car pour qu’il y ait contamination, il faut un contact direct entre le virus et les organes sexuels.

Source: Association Herpès, 2003

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